La Révolution de l'IA avec MoovAI
A MoovAI co-founder explains why AI projects fail on adoption rather than technology, and why the first project, governance and human contact matter.
Résumé
Sach reçoit Guillaume Petitclerc, co-fondateur de MoovAI, une firme montréalaise qui déploie des modèles d'IA existants pour des entreprises clientes. Guillaume raconte l'origine de l'entreprise en 2018 : Montréal avait une recherche de pointe, mais très peu se rendait jusqu'aux entreprises. MoovAI voulait démocratiser l'IA au Québec et au Canada. Il présente des projets pour Métro (prédiction des produits frais dans plus de 100 épiceries), Pratt & Whitney (maintenance prédictive et liste de clients à appeler) et le Collège Sainte-Anne (un outil de correction de textes qui libère du temps pour que les professeurs expliquent les fautes). Son idée centrale : les échecs en IA sont rarement technologiques. Ils viennent d'un mauvais change management, d'utilisateurs qui n'ont pas été impliqués et d'un premier projet raté, qui peut retarder l'innovation de plusieurs mois, voire de plusieurs années. Il parle aussi de gouvernance et de politiques d'utilisation de l'IA générative, d'IA responsable chez MoovAI (formation du Mila, norme ISO rédigée par son associé) et du recrutement de jeunes talents. Sur la société, il reste optimiste si la réglementation et la formation suivent, mais il s'attend à ce que les cols blancs soient touchés en premier. Selon lui, le contact humain, surtout à l'école, est irremplaçable. Son conseil final : ne faites pas ça tout seul.
Summary in English
Sach talks with Guillaume Petitclerc, co-founder of the Montréal firm MoovAI, which deploys existing AI models for business clients. Guillaume explains the 2018 origin of the company: Montréal had strong research, but little of it reached businesses. MoovAI set out to make AI accessible to Québec and Canadian companies. He describes projects for Métro (fresh-product prediction in over 100 grocery stores), Pratt & Whitney (predictive maintenance leads) and Collège Sainte-Anne (a text-correction tool that frees teachers to explain mistakes). His main argument is that AI failures are rarely technical. They come from poor change management, from users who were not involved, and from a bad first project that sets innovation back by months or years. He also covers the need for governance and usage policies for generative AI, responsible AI at MoovAI (Mila training, an ISO standard written by his partner), and hiring young talent. On society, he is optimistic if regulation and training are in place, but expects white-collar workers to be hit first. He believes human connection, especially in schools, cannot be replaced. His closing advice to companies is not to do it alone.
Episode facts
Episode 1 of AI with Sach, a podcast hosted by Sacha Gucciardo in Montréal, features Guillaume Petitclerc, co-fondateur et VP Marketing et Partenariats, MoovAI (aussi CMO et co-fondateur de Snitch AI). A MoovAI co-founder explains why AI projects fail on adoption rather than technology, and why the first project, governance and human contact matter. The conversation is in French.
- Show
- AI with Sach, hosted by Sacha Gucciardo (Montréal)
- Episode
- 1: La Révolution de l'IA avec MoovAI
- Guest
- Guillaume Petitclerc, Co-fondateur et VP Marketing et Partenariats, MoovAI (aussi CMO et co-fondateur de Snitch AI)
- Published
- July 10, 2024
- Length
- 25 minutes
- Language
- French
Key takeaways
- AI projects rarely fail because of the technology. They fail on adoption and change management, so involve end users from the start.
- The first AI project matters most: a failure gives skeptics an argument and can delay innovation for months or years.
- Treat AI as a tool tied to a business goal, not something to buy for its own sake.
- Generative AI is like shadow IT: companies need governance and usage policies before employees paste any information into any tool.
- Responsible AI is decided project by project, starting with whether a project should be done at all.
- Get help from people who have already delivered AI, internally or through a partner, because the technology moves too fast to follow alongside daily operations.
In their words
You don't buy a hammer just to own a hammer. Same for AI.
L'IA, c'est un outil. Donc, tu ne vas pas aller t'acheter un marteau pour aller t'acheter un marteau. Tu vas t'acheter un marteau parce que tu as besoin de planter des clous. Donc, il y a plusieurs objectifs d'affaires qui ne sont pas répondus par l'intelligence artificielle aujourd'hui.Most AI projects don't fail because of the technology. They fail because of people.
C'est rarement un problème technologique. Parce que, bon, on est la race humaine et les gens en technologie habitués, c'est-à-dire les outils sont là. À mon sens, puis ce qu'on a vu sur le marché, c'est surtout l'adoption et beaucoup du change management.Give a great AI tool to salespeople who weren't consulted, and they simply won't use it.
Tu sais, si tu donnes un nouvel outil à des vendeurs qui est basé sur l'intelligence artificielle, puis ces gens-là font ça depuis 20 ans, puis ils n'ont pas été impliqués dans le projet dès le départ, ils vont faire, il est beau ton outil, mais je ne vais pas l'utiliser. Pas de retour sur investissement.This is one of the first revolutions that hits white-collar workers harder than blue-collar ones.
On le sait, cette révolution-là de l'intelligence artificielle va toucher les cols blancs beaucoup plus que les cols bleus, qui est une des premières révolutions de cette ampleur-là et de cette rapidité-là dans le marché du travail.Millions went into Montréal AI research, yet businesses saw almost nothing of it.
Et donc, « Don't get me wrong », la recherche fondamentale est super importante, mais on ne voyait pas le lien, le pont de cette belle recherche-là où le gouvernement du Québec et du Canada ont investi des millions de dollars pour développer des nouvelles technologies. Et lorsqu'on se retournait dans notre monde, dans le monde du travail, bien, il n'y avait rien.We once spent months building a Chomsky chatbot. Today it takes one sentence in ChatGPT.
Un bel exemple qu'on avait fait avant l'IA générative, on avait même utilisé GPT-2 pour le faire. Donc, le modèle qui est un peu l'ancêtre de GPT-4 qui tourne derrière ChatGPT. Et donc, l'idée, c'était de reproduire l'intelligence ou la façon de parler de Noam Chomsky, le philosophe américain.Full transcript
0:00Sacha: Super ! Alors aujourd'hui je suis ravi d'accueillir un invité très très spécial Guillaume Petitclerc qui est le co-fondateur et vice-président du marketing et des partenariats chez MoovAI, une entreprise qui se consacre à l'innovation dans le domaine de l'intelligence artificielle ici à Montréal et Guillaume a une expérience très impressionnante dans le domaine du marketing numérique. Avant de co-fonder MoovAI en octobre 2018, il a travaillé comme consultant en marketing numérique et dans les entreprises à optimiser leur marketing numérique forcément, à trouver les bons canaux, pour gagner en traction et à former une équipe marketing performante pour mieux convertir et augmenter leurs revenus. Il a également occupé des postes de direction chez GSoft et Sharegate où il a travaillé comme stratégie en marketing numérique. Et en plus de son rôle chez MoovAI, Guillaume est un membre du conseil d'administration de la fondation La Clé depuis juin 2023. Il est également le CMO et co-fondateur de Snitch AI, une entreprise qui aide les organisations à gagner en visibilité à l'intérieur de leur modèle ML et à garantir qu'elles fournissent une IA robuste et de haute qualité.
1:02Guest: Merci beaucoup, merci beaucoup de la chance de m'invitation.
1:05Sacha: On peut commencer par une petite question pour que tu nous parles un peu plus de toi. Est-ce que tu pourrais me parler un petit peu de ton parcours? Qu'est-ce qui t'a amené à co-fonder MoovAI et puis les responsabilités que tu as en ce moment au sein de l'entreprise?
1:18Guest: Oui, absolument. Donc, tu l'as dit, j'ai travaillé en marketing à peu près toute ma carrière de marketing et communication. Donc, j'ai découvert le marketing numérique de performance grâce à GSoft qui est maintenant mieux connu sous le nom de WorkLeap. Donc, ça a été un travail, une école assez incroyable. Et donc, on s'est connu les co-fondateurs de MoovAI dans l'environnement de GSoft. Donc, on avait Olivier Blais, Maxime Boissonneau, Dominique Dany. On a travaillé tous ensemble chez GSoft et Olivier Cabane qui est un ami de longue date de Maxime Boissonneau. C'est pas mal cette expérience de travail-là chez GSoft. Puis, ce qui nous a amené à fonder MoovAI, c'est qu'on trouvait qu'il y avait beaucoup, beaucoup de recherches à Montréal. Et donc, « Don't get me wrong », la recherche fondamentale est super importante, mais on ne voyait pas le lien, le pont de cette belle recherche-là où le gouvernement du Québec et du Canada ont investi des millions de dollars pour développer des nouvelles technologies. Et lorsqu'on se retournait dans notre monde, dans le monde du travail, bien, il n'y avait rien.
2:21Donc, surtout si on se ramène, c'est sûr que depuis quelques mois, quelques années, l'événement de l'IA générative, l'IA est beaucoup plus sur toutes les lèvres, puis il y a beaucoup plus d'entreprises qui vont l'utiliser. Mais si on s'amène en 2018, les gens en entreprise, c'était des projets pharaoniques, c'était super compliqué. Puis nous, on est arrivé avec cette idée-là de venir démocratiser l'intelligence artificielle dans les entreprises au Québec et au Canada.
2:43Sacha: Wow. Et donc, chez MoovAI, c'est quoi votre vision en matière d'intelligence artificielle? Comme tu dis, il y a beaucoup de choses dans l'intelligence artificielle. On peut faire Gen AI, mais on peut aussi faire juste des modèles très simples. C'est quoi votre vision? Comment vous envisagez l'avenir de l'intelligence artificielle?
3:00Guest: On l'a vu, ça faisait déjà, nous, un bon 12 mois qu'on se posait la question avant l'avènement de ChatGPT, on va le nommer, qui a changé complètement la donne en intelligence artificielle. On se posait déjà des questions à savoir si on voyait certaines bribes ou certains balbutiements de modèles ou de solutions. En fait, chez MoovAI, on n'a jamais créé de modèle. On a toujours, comme je disais, utilisé des modèles existants, qu'ils soient open source ou propriétaires pour déployer des solutions pour nos clients, donc des solutions fonctionnelles qui sont appliquées pour nos clients. Mais évidemment, avant l'avènement de l'IA générative, on avait déjà commencé à se poser la question, à savoir justement, c'est quoi l'avenir? Comme il y avait ces balbutiements-là de modèles, on s'est rapidement positionnés dans nos têtes, en tout cas dans le marché, comme étant une entreprise, justement, où on va appliquer l'intelligence artificielle. Ça, ça veut dire utiliser la meilleure technologie disponible pour répondre aux besoins du client. Donc, nous, notre objectif, c'est d'arriver avec un retour sur investissement le plus rapidement possible pour nos clients.
4:02Puis donc, pour répondre à… je réalise que je n'ai pas tant répondu à cette question. Pour nous, notre vision de l'intelligence artificielle, c'est un peu ça. Puis on le voit beaucoup depuis l'avènement de l'IA générative. Aujourd'hui, quelqu'un qui dit « je veux faire un chatbot qui va… » Un bel exemple qu'on avait fait avant l'IA générative, on avait même utilisé GPT-2 pour le faire. Donc, le modèle qui est un peu l'ancêtre de GPT-4 qui tourne derrière ChatGPT. Et donc, l'idée, c'était de reproduire l'intelligence ou la façon de parler de Noam Chomsky, le philosophe américain. Et donc, c'est un projet qui avait été quand même long. Ça avait été longue à l'aise. Il y a eu beaucoup de recherches, beaucoup de développement à faire autour de ça. Aujourd'hui, avec ChatGPT, tu peux te demander à ChatGPT de te répondre à une question en répondant comme Noam Chomsky. Donc, notre vision, c'est un peu plus ça. C'est de trouver la meilleure technologie pour répondre aux besoins du client. Évidemment, une technologie de l'intelligence artificielle. Mais ça change beaucoup. Je pense qu'on voit de moins en moins de mégaprojets de 20 quelques millions de dollars pour faire un simple modèle ou une simple solution d'intelligence artificielle.
5:05Je pense qu'on va plus se diriger vers des portfolios de plein de produits. On rentre dans une ère plus d'innovation en continu en utilisant des solutions d'intelligence artificielle.
5:15Sacha: Oui. Et comme tu dis, vous vous positionnez pour utiliser un peu les technologies qui émergent. Et ça me vient avec la question, quelles sont les tendances que vous voyez maintenant qui émergent? Parce que ça a beaucoup changé depuis 2018, depuis que vous avez fondé et trouvé cette vision. Quelles sont les tendances qui émergent en IA pour l'instant, chez lesquelles Move AI vous trouvez particulièrement prometteuse? Ou sur lesquelles vous travaillez beaucoup en ce moment?
5:42Guest: Évidemment, tout ce qu'il y a générative, il n'y a pas beaucoup de... Déjà, c'est une amorce de conversation assez incroyable avec les clients. Ça fait diminuer la complexité aussi des solutions d'intelligence artificielle. C'est moins complexe, évidemment, avec une facture au final moins coûteuse pour le client. Donc, c'est sûr que nous, on approche les technologies comme on l'a toujours approché. C'est-à-dire comme un outil qui va aider l'entreprise à répondre à ses besoins d'affaires. Donc, l'IA générative, heureusement, va répondre à beaucoup de ces problématiques-là. Puis là, on va pousser un peu plus loin les solutions. Donc, on ne se limite pas à un usage. En ce moment, ce qu'on voit beaucoup de la part des hyperscalers, Google, Microsoft, AWS, c'est le use case d'assistant, donc d'agent conversationnel. Mais l'idée, c'est de pousser cette technologie-là un peu plus loin. Ce qu'on fait très bien avec, entre autres, le Collège Saint-Andre, où on est en train de développer, en utilisant une technologie dégénérative, un engin qui fait de la correction de textes.
6:44Donc, pour aider les professeurs à corriger les textes de leurs étudiants, ce qui va permettre aux professeurs de passer plus de temps avec l'étudiant à lui expliquer ses fautes, plutôt que de passer du temps à corriger les divers textes qui sont rédigés par leurs étudiants. Donc, on a plein de cas d'utilisation de ce type-là, où on utilise, oui, un ChatGPT, un Gemini ou un Copilot, mais qui va pousser plus loin parce qu'on part de la problématique d'affaires, donc du besoin ou de l'objectif d'affaires du client.
7:16Sacha: Wow. Tout à l'heure, tu as parlé un petit peu de démocratiser l'IA à Montréal. Comment est-ce que MoveA, vous démocratisez cette utilisation dans l'IA et dans les entreprises? Donc, tu parles du Collège Saint-Anne, par exemple. Où est-ce que MoveA est démocratique vraiment l'IA au sein des entreprises?
7:35Guest: Oui, absolument. On a fait un projet il y a de ça quelques mois avec Métro, donc la chaîne épicerie. C'est un système de prédiction des produits frais, donc tout ce qui est viande, fruits et légumes. Et c'est utilisé en ce moment au-dessus de 100 épiceries au travers du réseau. Et les commentaires sont vraiment très, très positifs. Ça amène les gérants qui ont peut-être un peu moins d'expérience, un peu moins de connaissances. Évidemment, en contexte de pénurie de main-d'oeuvre, il y a beaucoup, beaucoup de mouvements personnels. Et donc, ça va amener les gérants qui ont peut-être un peu moins d'expérience au niveau des top 20 % des meilleurs performeurs. Donc, il y a beaucoup d'avantages à ce projet-là. On fait un projet en ce moment aussi. On est en train de compléter un projet avec Pratté-Whitney, qui est un peu plus dans ton industrie, donc dans l'aéronautique, où on va faire un projet qui va, à l'aide de la maintenance prédictive, fournir une liste de clients à appeler. Donc, les bons clients à appeler au bon moment pour faire tout ce qui est dans le aftermarket, donc dans l'après-marché, au niveau de la maintenance de leur moteur.
8:42Donc, on a plein de projets. Puis, tu sais, pour nous aussi, démocratiser, ce n'est pas juste faire des codes d'utilisation, c'est aussi proposer de la stratégie. Donc, on a des équipes de conseillers stratégiques, conseillers stratégiques chez Mouv' qui vont venir aider les entreprises à démêler tout ça. C'est surtout, ou encore plus, plutôt avec l'arrivée de l'IA générative. Là, soudainement, l'IA est disponible à n'importe qui dans l'organisation. L'année 2010, on parlait de shadow IT, donc de faire un petit channel slack sur le côté alors que ton organisation va utiliser officiellement Microsoft Teams. Mais l'idée est un peu la même avec l'IA dans le sens où l'organisation doit se doter d'une gouvernance, doit se doter de règles, de politiques d'utilisation de l'IA générative. Parce que demain matin, toi, tu peux décider d'utiliser n'importe quel outil disponible aujourd'hui puis de mettre à peu près n'importe quelle information dans l'entreprise donc tout ce concept-là de gouvernance, de l'utilisation de l'IA générative, de déterminer c'est quoi le bon roadmap aussi.
9:43Donc, comment est-ce que tu arrives dans une entreprise à, oui, faire de l'IA, mais faire le bon projet d'IA, le bon premier projet d'IA et la bonne suite de projets d'IA. Parce que le pire qui peut arriver dans les organisations, on le remarque, il y a souvent un ou une championne, donc quelqu'un qui promeut l'intelligence artificielle à l'intérieur de l'organisation. Puis si le premier projet se plante, bien là, tu as tous les gens autour qui vont dire, c'est en 2022 puis ça n'a pas fonctionné, etc. Donc, le pire qui peut arriver, c'est de se planter dans un premier projet, bien là, ça retarde l'innovation de plusieurs mois, voire plusieurs années dans certains cas. Donc, il faut s'assurer de commencer du bon pied avec le bon projet qui va donner un ROI intéressant.
10:22Sacha: Ça m'amène parfaitement sur ma prochaine question qui, justement, ce n'est pas donnée à tout le monde. Alors, quel conseil est-ce que tu donnerais justement aux entreprises qui veulent se lancer, qui n'y sont pas encore, ils ne sont pas encore en train d'utiliser l'IA? Quel conseil tu leur donnerais pour entamer, par exemple, l'IA avec Mouveiae?
10:38Guest: Oui, bien, en fait, que ce soit avec Mouveiae ou à l'interne, selon moi, c'est le même conseil. L'IA, c'est un outil. Donc, tu ne vas pas aller t'acheter un marteau pour aller t'acheter un marteau. Tu vas t'acheter un marteau parce que tu as besoin de planter des clous. Donc, il y a plusieurs objectifs d'affaires qui ne sont pas répondus par l'intelligence artificielle aujourd'hui. Donc, l'idée, c'est de vraiment réfléchir à l'intelligence artificielle comme étant un outil qui va vous aider à accomplir vos objectifs d'affaires. Donc, le premier step reste de comprendre votre organisation, où vous voulez aller, la technologie, tout ce qu'il y a autour d'une transformation numérique, comment l'intelligence artificielle vient s'insérer là-dedans. Donc, les premières phases sont des phases de réflexion et de préparation de l'organisation. Puis après ça, évidemment, de commencer, j'en ai un peu parlé tout à l'heure, mais de commencer par le bon premier projet. Les conséquences peuvent être assez désagréables pour l'organisation par la suite.
11:35Sacha: Exact. Et en parlant de conséquences, c'est quoi les défis principaux, les plus courants que tu rencontres ou que vous avez rencontrés chez les entreprises lorsqu'on essaie d'intégrer l'IA?
11:44Guest: C'est rarement un problème technologique. Parce que, bon, on est la race humaine et les gens en technologie habitués, c'est-à-dire les outils sont là. À mon sens, puis ce qu'on a vu sur le marché, c'est surtout l'adoption et beaucoup du change management. Donc, le changement de paradigme ou le changement de processus ou le changement d'outils. Tu sais, si tu donnes un nouvel outil à des vendeurs qui est basé sur l'intelligence artificielle, puis ces gens-là font ça depuis 20 ans, puis ils n'ont pas été impliqués dans le projet dès le départ, ils vont faire, il est beau ton outil, mais je ne vais pas l'utiliser. Pas de retour sur investissement. Ce n'est pas parce que la solution est mauvaise, ce n'est pas parce que la technologie n'est pas bonne, c'est vraiment parce que le change management autour de la solution a eu, je ne veux pas dire a été mal fait, mais il y a eu des déficiences à ce niveau-là, puis ça fait en sorte que finalement, il y a beaucoup de très, très bonnes solutions qui ne sont pas adoptées.
12:49Puis bon, au début de Mauvais-R, on l'a vécu, donc c'est pour ça qu'on s'est doté rapidement de conseillers stratégiques et de conseillères stratégiques qui vont venir justement faire cette couche-là pour s'assurer que les solutions qu'on développe sont utilisées à chaque jour. Puis bon, le cas de Métro en est un bon, où une solution d'intelligence artificielle utilisée dans un magasin, il n'y en a pas beaucoup. Il n'y a pas beaucoup de compagnies qui peuvent dire qu'ils ont réussi à déployer une solution comme ça, puis c'est tout à l'honneur de Métro d'avoir réussi à faire ça.
13:17Sacha: Oui, c'est sûr. Il y a un gros mouvement pour l'instant aussi qui est le Responsible AI. Je sais que chez vous, chez Mauvais-R, c'est aussi quelque chose qui est très important. Comment est-ce que vous assurez l'éthique ou la transparence dans l'utilisation justement des données, des algorithmes dans l'intelligence artificielle chez vos clients?
13:39Guest: Ça passe premièrement par le choix du projet. projet où le billet est difficilement, où tu peux difficilement éliminer le billet. Donc, ces projets-là, il ne faut pas y toucher relativement rapidement. On a formé tout notre staff avec une formation du Mila sur justement, ça s'appelle Trel, sur l'IA responsable. Et comment on fait? On a la chance aussi d'avoir Olivier Blais, mon associé, le CTO de Mauvais-Eye, qui a littéralement écrit la prochaine norme ISO sur l'intelligence artificielle. Donc, Olivier est très, très impliqué dans toute cette vague-là d'IA responsable. Mais c'est un travail sur chacun des projets. Il faut se poser des questions sur chacun des projets. si un client, par exemple, nous arrive avec un projet, disons, un peu plus risqué au niveau du Responsible AI, mais c'est sûr qu'il y aura de l'investissement à faire en plus de son côté et du nôtre, de former un comité d'IA responsable, etc.
14:41Donc, c'est vraiment un combat de chaque instant. Mais je t'invite fortement à lire, puis j'invite tout le monde qui écoute aussi à lire les posts de mon collègue Olivier, qui a de meilleures réponses que moi sur toute l'utilisation de l'IA responsable.
14:57Sacha: Ta réponse que vous aviez travaillé avec le Mila, si je ne me trompe pas. C'est quoi l'importance pour Mouveia et justement d'avoir de bons partenariats, tels que Mila, qui est vraiment très réputés, et comment est-ce que ça vous influence dans votre développement ou dans vos stratégies, tout simplement?
15:14Guest: Déjà, on a, oui, le partenaire. On a des partenaires avec les organismes, je dirais, plutôt académiques. On a aussi des partenariats avec plein de certaines grandes entreprises. On est partenaire Google, partenaire Softchoice. On va travailler aussi avec les autres hyperscalers. Plein d'autres organisations aussi où, nous, on est experts en livraison de solutions d'intelligence artificielle. Donc, est-ce que si demain matin, tu m'arrives avec un projet spécifique, avec une question d'éthique, on va aller chercher quelqu'un au Mila, par exemple, qui peut venir nous aider à réfléchir à certains angles morts qu'on pourrait avoir. Donc, pour moi, les partenariats, c'est justement de faire en sorte que tu joins plein d'entreprises avec plein d'expertises différentes, puis ensemble, on réussit à livrer une solution qui est gagnante pour le client. C'est gagnant pour nous, Moves, parce qu'on a réussi à déployer une solution qui est utilisée et qui a un impact, un ROI. Puis pour le partenaire, bien, c'est la même chose. Donc, on vise des partenariats gagnants, gagnants, gagnants. Donc, on a la chance d'avoir de très bons partenaires chez Moves-Aïs.
16:17Sacha: Est-ce que, ou plutôt, pour l'instant, il y a comme un petit gap entre les entreprises qui recherchent des talents en IA, ou même en données ou sur le marché, et des gens qui recherchent? C'est quoi votre stratégie pour attirer ou même former, développer des talents en IA qui sont essentiels pour le futur de Moves-Aïs?
16:37Guest: Oui, c'est drôle, j'en parlais avec Olivier pas plus tard que vendredi. C'est quand même surprenant. Il n'y a pas beaucoup d'industrie, si on peut appeler l'IA, industrie horizontale, disons, où il y a beaucoup de leaders de l'industrie dans les employés qui sont aussi jeunes. Donc, tu sais, des gens qui sortent de l'université. Donc, on va travailler beaucoup dans des foires universitaires, dans des forums, tu sais, justement, Ivarado en a un, le milieu en a un, etc. Donc, je pense qu'il y a beaucoup plus de gens déjà en quantité qui sortent des écoles et qui sont formés soit en sciences de données, en analytique avancée ou en intelligence artificielle. Puis évidemment, bien, notre marque employeur chez Moves-Aïs, on a été reconnu par Forbes comme étant le maire employeur startup au Canada. Donc, c'est sûr que ce genre de reconnaissance-là, ça va aider à mettre le nom Moves-Aïs sur la liste de recherche des gens qui cherchent un emploi. C'est sûr que nous, on va chercher des consultants en plus. Donc, il y a comme, oui, des gens spécialisés en IA, mais qui sont aussi en mesure de faire la consultation et qui ont envie de faire la consultation, ce qui n'est pas donné à tout le monde.
17:43Donc, assez rapidement, on s'est doté chez Moves d'un département de ressources humaines qu'on appelle Culture et développement chez nous, et aussi d'un recruteur à temps plein. Parce que, justement, ce n'est pas simple de recruter des gens avec de l'expérience, de l'expertise qui vont être aussi de très bons consultants. Puis au niveau du développement, bien, c'est sûr qu'au niveau de la formation, au niveau des certifications aussi, c'est le genre de choses qu'on recommande à nos employés de faire. Puis qu'on fait des efforts quotidiennement, justement, pour s'assurer que nos gens restent up-to-date. Parce que, bon, tu le sais comme moi, le marché de l'IA et les technologies avancent à une vitesse assez fulgurante en ce moment. Donc, il faut rester en avant de la parole.
18:26Sacha: OK, merci. Sur une autre tangente, est-ce que tu peux partager avec nous, c'est quoi votre vision de l'impact de l'IA sur la société en tant que telle? Donc, un peu moins sur les clients, mais vraiment sur la société. Même en tant que consommateur, tu as parlé de métro beaucoup. Est-ce que tu peux juste partager votre vision chez Mouveia sur ce topic?
18:47Guest: Absolument. On a une vision assez positive. On est, somme toute, déjà très positifs dans la vie. Donc, l'IA, avec une bonne dose de réglementation et de législation, évidemment, selon nous, aura un impact positif sur la vie en général. Oui, il y aura une zone de turbulence. Puis je pense qu'on commence tout juste à avoir la pointe de l'iceberg de cette zone-là. Mais, somme toute, l'humain finit toujours par se réorienter. Donc, il y aura un grand besoin de formation dans les prochaines années, de formation de la main-d'oeuvre. On le sait, cette révolution-là de l'intelligence artificielle va toucher les cols blancs beaucoup plus que les cols bleus, qui est une des premières révolutions de cette ampleur-là et de cette rapidité-là dans le marché du travail. Donc, il y aura un impact assez fort pour les prochaines années. Mais on croit que, justement, par de la législation, par de la réglementation, par aussi un usage responsable de l'intelligence artificielle, ce qu'on prend dans tous nos mandats avec tous nos clients, l'impact ne sera que positif pour l'humanité et les consommateurs et toutes les diverses sphères de la vie humaine.
19:51Sacha: Incroyable. J'aimerais te laisser le plancher pour présenter, si tu le souhaites, un projet qui t'a tenu à cœur ou qui t'a trouvé vraiment super cool, sur lequel vous avez eu la chance de travailler avec un client. Je pense que ça peut aussi inspirer certains des personnes qui vont écouter.
20:06Guest: Absolument. Je vais revenir sur Emilia. C'est pour nous un projet coup de cœur parce que, bon, l'éducation pour nous est un de nos domaines chouchous. Donc, c'est sûr que le pouvoir aider une organisation comme le Collège Saint-Anne, qui va, elle, ensuite déployer cette solution-là au Québec, en fait, ils ont la vision de déployer dans plusieurs écoles. Donc, pour nous, l'impact est clair et tangible et va aider la jeunesse et les professeurs, dans le fond, à mieux outiller les professeurs pour aider les jeunes à mieux réussir à l'école. Donc, ça, pour nous, c'est le genre de projet qui est très, très apprécié, évidemment, par nos collègues, mais qui a une super belle visibilité et qui aide vraiment la société. Quand on parlait qu'il y a des avantages non négligeables, selon moi, ce projet-là, on n'est pas un bel exemple.
20:58Sacha: C'est un très bel exemple. Et c'est marrant parce qu'on a vu beaucoup, en tout cas, moi, j'ai entendu beaucoup parler, justement, de l'IA qui va remplacer, d'une façon ou d'une autre, un peu l'enseignement. En tout cas, ça faisait peur à beaucoup d'universités. Je me rappelle quand JGPT est arrivé, tout le monde était en train un peu de stresser à se dire, mais maintenant, tout le monde va faire ses travaux avec JGPT, utiliser l'intelligence artificielle. Et vous avez pris vraiment une autre approche. Vous, vous venez vraiment utiliser, enfin, aider les enseignants. Et je trouve ça vraiment super cool.
21:28Guest: Merci. Puis, tu sais, c'est notre vision. Pour nous, l'intelligence, je le répète, l'intelligence artificielle est un outil. Donc, l'humain est décuplé ou accéléré ou amélioré, utilise le mot que tu veux, par l'intelligence artificielle. Mais l'humain reste l'humain. Puis, notamment dans le cas des écoles, je veux dire, il y a des enfants avec des troubles d'apprentissage. Il y a des enfants qui sont anxieux. Il y a des enfants qui ont diverses conditions. Ou c'est pas one size fits all, pour utiliser l'expression. Ou il y a un mode d'enseignement. Puis, tout le monde va poser des questions à JGPT. Il y en a qui, peut-être, ça va faire leur affaire. Mais il reste quand même que, dans le cas de l'école, surtout, le contact humain, la relation avec le professeur, la façon du prof de comprendre puis de réexpliquer l'information pour solidifier les apprentissages chez les jeunes. C'est sûr que c'est, à mon sens, irremplaçable. C'est cette intelligence humaine-là qui va être très difficile à remplacer. Elle va peut-être être copiée, mais exactement remplacée puis être émulée complètement par un système.
22:30Personnellement, je ne crois pas. Vous allez me dire que je ne suis pas la personne apotechnique de l'histoire. Vous avez raison. Mais je n'y crois pas. Je pense que l'humain, ce sens de connexion-là, les relations humaines, sera difficilement copiable par des machines.
22:42Sacha: Oui, je suis totalement d'accord. C'est quoi les prochaines étapes, les prochains grands projets que vous avez chez Mouveiaï?
22:52Guest: C'est sûr que je peux parler. On a un grand intérêt à développer des solutions complètes d'intelligence artificielle. Donc, ça passe évidemment par de l'analyse gravancée, par de l'intelligence artificielle, par du développement logiciel aussi. Donc, on a l'intention de démocratiser l'intelligence artificielle. Tu ne fais pas ça à 60 comme on est aujourd'hui. Donc, nos projets pour Mouveia, on voit grand. On a une ambition d'avoir un impact sur les entreprises au Québec, évidemment, ailleurs aussi. Mais notre cœur va toujours rester dans les communautés locales. Donc, on va avoir un impact dans les communautés locales où on sera.
23:36Sacha: Super. Guillaume, j'aimerais d'abord te remercier, mais aussi te laisser le floor. Je ne sais pas comment dire. J'aimerais laisser la parole. Le plancher. Exactement. Pour dire un dernier mot. Ce que tu veux sur toi, Mouveiaï ou peu importe. J'aimerais juste te laisser la parole.
23:55Guest: Grande responsabilité. Non, honnêtement, le conseil, c'est fait de vous accompagner. Mais que ce soit, si vous voulez implanter l'intelligence artificielle dans votre entreprise, que ce soit à l'interne, allez-vous chercher des gens qui l'ont déjà fait, qui ont déjà livré de l'intelligence artificielle, qui peuvent vous amener plus loin. Ou évidemment, vous allez dire que je prêche pour ma paroisse, mais de vous faire accompagner par des entreprises qui l'ont déjà fait. Les accélérateurs en 2024 sont là. Accélérateurs technologiques, accélérateurs d'expérience et accélérateurs de compétences. Donc, utilisez-les. Que ce soit à l'interne ou à l'externe, c'est comme ça. Faites pas ça tout seul dans votre entreprise. La technologie avance à un rythme beaucoup trop effréné pour être en mesure de suivre ça et des opérations quotidiennes. Donc, ce serait ça mon dernier conseil.
24:39Sacha: Guillaume, merci beaucoup. C'était vraiment un honneur de t'avoir avec nous. Je pense que ça va être grandement apprécié par les écouteurs. Merci beaucoup.
24:47Guest: Parfait. Merci. Merci.